Publié le 18 Octobre 2014

Elle dit : " Ces embrassades me font un grand bien fou, de tous les diables...
Tout contre moi, je sens votre coeur, vos doigts, votre corps qui bat. Je sens
vos cheveux, votre barbe, vos poils, votre souffle, vos os aussi, je crois.
Et alors, je me retire, et je glis
se dans le coin ."

vos os aussi je crois

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Rédigé par Gilbert Pinna, le blog graphique

Publié dans #Les oubliés du monde

Publié le 15 Octobre 2014

Et ce geste fulgurant qui, sur le papier, se joue des contrastes entre le lisse et le rugueux, bouscule la page, fait surgir des ombres, évapore les lumières, densifie les visages, et fait vibrer leur éclat par des colliers de poils. Ce que je découvre alors, c’est que paradoxalement, ce travail aveugle des griffures graphiques apaise les volumes et entrouvre des espaces pour la ligne claire. Elles inscrivent la chair des corps et des visages et la restituent dans son frémissement explosif (je pense alors à Crumb et à ses têtes radieuses des fiancées de Kafka). Elles investissent les dents, ces petits blocs littéralement indessinables, en délivrant leur intimité souterraine. Et tout autour des personnages, dans le cadre qui a glissé, cette constellation de traits, comme une pluie d’été, qui capte l’air et ses météores, dans toute son intensité. Des aventures palpitantes de Zembla, perdu au beau milieu de sa jungle jusqu’à l’incandescence des rayons du soleil, elles disent tout simplement la frénésie d’être là.

la frénésie d'être là

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