Publié le 28 Mai 2015

Rédigé par Gilbert Pinna, le blog graphique

Publié dans #Les oubliés du monde

Publié le 26 Mai 2015

Cette idée que depuis le carnage de "Charlie Hebdo" le 7 janvier dernier, le dessin a pris, en France, à son corps défendant, une place centrale. La tendance remonte à quelques années déjà : on a pu voir en effet, ici et là, dans des musées ou à l'occasion de salons, des expositions, des rétrospectives qui ont rendu hommage à l'oeuvre d'immenses dessinateurs (Bruno Schulz, Moebius, Topor, Bilal, Tardi, Gotlib... ) et qui, de manière plus générale, ont su éclairer la production graphique contemporaine.

Aujourd'hui, par-delà un phénomène éditorial fort attendu, c'est l'intégrale de Cabu et de Wolinski que l'on redécouvre, c'est le testament de Charb que l'on publie, c'est Luz qui, dans "Les Inrokuptibles", nous livre, avec douceur et épouvante, sa condition existentielle d'homme et de dessinateur sidérés, c'est Joann Sfar, le foisonnant dessinateur, qui "ose faire le peintre" et se risque à exposer ses premières peintures, en écho aux nus de Pierre Bonnard. Et puis aussi, sur un autre plan, pourrait-on dire, c'est la grotte Chauvet qui se dédouble : pour chercher à refaire à l'identique et pour les donner enfin à voir, rien d'autre que les dessins rupestres des origines de l'humanité.

Quelque chose de l'époque se dit là : comme un jeu de miroirs qui se déploie sur les toiles, sur les planches, sur les écrans, sur les parois, fussent-elles reconstituées. Une mise en abyme de la représentation graphique qui dirait ici, confusément, comment le geste expressif premier, celui de l'enfance, a décidément du mal à se laisser saisir, dans l'ambivalence même de sa magie fulgurante, au risque de toutes les déflagrations, de toutes les violences, au risque de cette rage qui nous ravage.

Mais il faut la connaître aussi, pour ne jamais l'oublier, cette joie intense que procure le tout premier tracé qui glisse sur le papier, à l'aveugle, conquérant, un peu fou, et toujours recommencé. C'est ici, sans doute, que réside le prodige de l'existence, ce secret noir ravageur des dessinateurs.

Gilbert Pinna

ce secret noir ravageur

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Rédigé par Gilbert Pinna, le blog graphique

Publié le 25 Mai 2015

Rédigé par Gilbert Pinna, le blog graphique

Publié le 22 Mai 2015

tess et raoul

À paraître le 27 mai aux Éditions Le Bateau Ivre

CÉCILE DELALANDRE, TESS ET RAOUL,
précédé
de BREUILLES

Ne lisez pas Tess et Raoul. Jamais. Ça vous ferait trop mal. C'est un poison violent. Parce que, forcément, vous vous diriez : « C'est comme ça que je veux être aimé ! » Et ça vous rendrait fou. À hurler. À la lune. Née de l'oreille de Rabelais, des suites de la rencontre fortuite sur une table de dissection de Kafka avec Lautréamont, fiancée d'un pirate nommé Boris Vian, Cécile Delalandre vous enroulera dans sa langue aussi sûrement qu'une lame de fonds qui charrie toutes les tripes du monde. À consommer sans modération comme un single de 18 ans au fond d'un rade enfumé.

L’œuvre originale de Gilbert Pinna, Tess et Raoul, 2015 (encre de chine, lavis) orne l'ouvrage en frontispice.

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Rédigé par Gilbert Pinna, le blog graphique

Publié le 20 Mai 2015

Rédigé par Gilbert Pinna, le blog graphique

Publié dans #vestiaire

Publié le 17 Mai 2015

Rédigé par Gilbert Pinna, le blog graphique

Publié dans #Le petit cirque

Publié le 15 Mai 2015

Pour cette treizième ronde, autour du mot "mai(s)", j'ai le grand plaisir d'accueillir Noël Bernard et moi, je suis chez Cécile Ruban

Ce texte est composé selon la contrainte oulipienne de la terine: les trois mots "mères", "folles", "place" apparaissant en fin de vers subissent à chaque strophe une permutation de Queneau dont le schéma est le suivant : 123 -> 312 -> 231. De plus j'ai appliqué la même permutation sur les groupes de trois strophes : on peut parler de "terine de terine". Les mots choisis sont tous trois associés au mouvement des "Folles de mai" ou "Mères de mai",en Argentine, dont les enfants avaient disparu sous la dictature et qui ont dénoncé les atrocités du régime en effectuant une ronde chaque jeudi sur la "Place de mai".

En foulard blanc tournent les mères
L’œil débordant de larmes folles
Pas trébuchant de place en place

Pas d'arbre de mai sur la place
Pas d'enfant dans leurs bras de mères
Il n'y a qu'une ronde folle

Elles disent la chasse folle
Où le gibier saigné sur place
Tombait loin des yeux de sa mère

Au lampadaire danse folle
En un frénétique surplace
Belle et pitoyable éphémère

A son horloge la commère
Regarde en biais l'aiguille folle
A reculons qui se déplace

L'obscurité coule et remplace
En ce jeudi plein de chimères
Les images jaunes et folles

Que cherchent arpentant la place
En foulard blanc ces lentes mères
Que le passant traite de folles

Sans un regard aux gaietés folles
Aux fleurs écloses de la place
Au poupon qui tête sa mère


L'ombre dont elles furent mères
Accompagne leur jambe folle
Et de silence emplit la place

Noël Bernard

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Rédigé par Gilbert Pinna, le blog graphique

Publié le 10 Mai 2015

Rédigé par Gilbert Pinna, le blog graphique

Publié dans #Les oubliés du monde