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Publié le 15 Novembre 2015

On me demande pourquoi je ne dessine pas davantage autour des terribles attentats du 13 novembre. On me dit que ça ferait du bien, qu'on en a besoin, qu'il faut s'exprimer, pour exorciser les choses, ensemble. Je réponds que, d'abord, j'ai repris un dessin de l'été dernier qui évoquait l'étouffement de la canicule et de l'air ambiant : "il pleut du feu". J'ai trouvé que ce dessin existant, était finalement, dans son anachronisme, plutôt bien approprié à la situation et qu'au fond, à sa façon, il parlait d'elle. Et puis ensuite, il me semble que les aléas de l'actualité, surtout lorsqu'elle est tragique, n'exigent pas automatiquement, toujours et à chaque fois, qu'ils soient traités, sur le plan graphique ou textuel. La pléthore de dessins qui a envahi nos écrans et nos journaux, au lendemain des attentats du 7 janvier, en a été l'évidente "illustration" : toutes ces colombes, ces drapeaux tricolores, ces crayons cassés, larmoyants ou ensanglantés, toutes ces charges symboliques et indigestes, ont nié, sans le vouloir, l'esprit "Charlie" qu'ils entendaient pourtant défendre, et enseveli, du coup, ses partis pris graphiques. Alors, bien entendu, il ne s'agit pas de blâmer : ainsi se répartissent et se régulent d'eux-mêmes les espaces d'expression d'une démocratie heureusement encore bien vivante, et somme toute apaisée, où chacun fait ce qu'il a à faire, réagit et s'exprime avec les modalités qu'il entend choisir, et que, de ce point de vue, les choses ne vont pas si mal.

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Rédigé par Gilbert Pinna, le blog graphique

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Patrick verroust 15/11/2015 12:45

Des cendres en novembre....les rafales de mots soufflant dans l'urgence sur les braises émotionnelles n'exorciseront pas le bataclan des outils de mort..
L'état de droit ( ce qu'il en reste) est en état de choc , en mauvais état. .