en gare

Publié le 15 Septembre 2014

Pour cette neuvième ronde, autour du mot "fil(s)", j'ai le grand plaisir d'accueillir

Jacques D'Anglejean et moi je suis chez Hélène Verdier

Ainsi roule la ronde, le premier écrit chez le deuxième qui écrit chez le suivant :

Gilbert Pinna

chez Hélène Verdier

chez Cécile Ruban

chez Céline Verdier

chez Elise L.

chez Franck B.

chez Guy D.

chez Dominique Autrou

chez Danielle G.

chez Dominique Boudou

chez Jacques D.

chez Gilbert Pinna

Les villes sont à la croisée des chemins de fer : Paris par exemple, essayez donc de l’'imaginer sans la Gare de Lyon, sans Saint-Lazare, Montparnasse et les autres.

Les métropoles sont des nécessités capitales, destinées au repos, à la toilette, à l'amour des voyageurs.

Des ingénieurs de talent, une période d'essor, une république jeune et des kilomètres de lingots d'acier voici ce qui suffit pour ébaucher un monde.

Sur le mur de la Gare de Rodez je vois l'Europe comme une toile d'araignée, où les villes donc figureraient des insectes englués; nids féconds, centres accessoires.

La carte du monde est mollement tendue entre deux ceps de vigne dans le vent de Septembre, elle attrape le cheminot que je suis devenu par un fil, et au sifflet du chef de gare, l'enverra d'un coup de fronde de Paris à Rome ou Limoges, transporté de joie, discipliné, ponctuel, martial.

J.F
Lundi 15 sept 1947

en gare

Rédigé par Gilbert Pinna, le blog graphique

Repost 0
Commenter cet article

Celine Gouel V 16/09/2014 14:17

Un filet de pêche aux lieux !...

Quotiriens 16/09/2014 00:51

Chemine cheminot, quand la vie déraille il est temps de filer.

Elise 15/09/2014 20:39

au fil d'une écriture, de ses hésitations et repentirs, nstalgie

danielle 15/09/2014 17:26

Un bonhomme en fil de fer qui montre le chemin

DAutrou 15/09/2014 16:46

Comme une carte de la géographie sentimentale qui dessinerait un bonhomme nous attendant au tourment.

louise blau 15/09/2014 14:30

Joseph, mon frère, à Rodez tu fus, peut-être même t'es tu assis sur ce banc qui figure sur une photographie des années trente, à contempler, à respirer la ville sur sa butte, et les tours de la cathédrale avant de partir reprendre ton train. Je ne sais pas pourquoi, tous ces fils de mémoires croisées, ces passants sur un même lieu en 1930, 1947, 2012 — oui j'étais à Rodez en 2012 — m'émeuvent et m'emplissent de nostalgie. Ils dessinent une carte impossible où le temps vient s'aplatir sur l'espace, imprévisible, impossible et, ce faisant ouvrir la porte au rêve : et s'il avait suffi d'attendre pour que ces passants finalement se croisent ?

patrick verroust 15/09/2014 11:27

Il y a la gare de Perpignan, éjaculatoire, lieu d'extase cosmogénique selon Dali. Il y a Marseille qui, sans crier gare,cherche sa voie depuis qu'elle n'est plus Defferre...et toutes ces villes sans gare où s'écoule la vie duraille....

Gilbert Pinna 15/09/2014 11:19

... oui, les rails qui font comme un tricot urbain.